19/01/2008

Issa Hayatou : Football et politique

Lors de la deuxième journée de la 30ème assemblée générale de la Confédération africaine de football (CAF) tenue ce jeudi 18 janvier à Accra, le président de cette institution, Issa Hayatou, a prononcé un discours et fort applaudi, marqué par plusieurs temps forts et quelques formules chocs.

Issa Hayatou

Parlant de la place du football dans la marche de la société en Afrique, le président de la CAF a déclaré : «Nos pays lui doivent beaucoup. Si dans nos pays l’Etat a précédé la nation, le football a noué à l’intérieur de chacun d’entre eux des liens unitaires, consolidé l’appartenance commune. Ce n’est pas rien».

A propos des relations entre gouvernements et instances du football, Issa Hayatou s’est voulu clair : «On veut souvent nous opposer, ce qui est une erreur. Je voudrais devant cette assemblée générale dire une fois encore que nous sommes les uns et les autres redevables à nos gouvernements. Sans leur argent (…), nos compétitions, qu’elles soient nationales ou panafricaines, ne pourraient pas avoir lieu.

C’est la réalité de notre continent. Pour autant (…), les responsabilités doivent être équitablement partagées. Les gouvernements sont les opérateurs financiers, les associations sont les organisateurs des manifestations sportives, les metteurs en musique du développement de la pratique sportive».

Le président de la CAF s’est aussi réjoui de l’audience grandissante de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), 3ème plus grand événement de football dans le monde, qui a cumulé 4,5 milliards de téléspectateurs pour la dernière édition en 2006 en Egypte.

Répondant aux critiques sur la période de la CAN, M. Hayatou a recommandé aux joueurs vedettes du continent qui soutiennent cette idée : «Cessez de faire passer les intérêts, les convenances personnelles avant l’intérêt collectif. Croyez-vous vraiment que la CAF organise la CAN en janvier-février avec pour seule intention de nuire à vos clubs et à votre carrière ? Si nous avions une autre solution qui ne lèserait personne, nous l’adopterions aussitôt». Une façon de rappeler que c’est pour des raisons climatiques (fortes pluies) que la CAN ne peut être déplacée au mois de juin. «C’est un peu comme si on organisait l’Euro au mois de janvier», a-t-il expliqué!

Le président de la CAF n’a pas manqué de rappeler son engagement contre la violence et les consignes de fair-play : «Participer à un match, c’est apprendre à gagner, mais c’est aussi apprendre à perdre. La défaite d’une équipe ne sera jamais la défaite d’une nation contre une autre (…) Nos stades ne doivent pas se transformer en champs de bataille».

Enfin, paraphrasant Martin Luther King, Issa Hayatou, a fait un rêve : «Je fais le rêve que le 11 juillet 2010, à Johannesburg, en Afrique, une équipe africaine remporte la Coupe du monde».

00:34 Écrit par Maroxellois dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : football et politique, issa hayatou, can |  Facebook |

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