15/02/2008

Fathi Jamal «Il fallait capitaliser sur la CAN-2004»

Interview : Fathi Jamal «Il fallait capitaliser sur la CAN-2004»


"Nous aurions dû assurer la continuité au sein du Onze national"

Le Matin : Le Maroc ne dispose pas de joueurs de dimension internationale, voilà en substance ce qu'a déclaré Henri Michel après la débâcle de Ghana, est-ce que vous êtes du même avis ?

FATHI JAMAL : je tiens à confirmer que nous avons une équipe nationale de très bon niveau. Après les déboires du onze national au Ghana, tout le monde s'est mis à douter de la qualité de nos joueurs. Maintenant, il faut les remettre en confiance. On doit donc les contacter, un par un, puis les convoquer afin de leur remonter le moral. D'ailleurs, on est toujours en contact avec eux au téléphone. Il faut aussi dire que ce n'est pas à moi seul qu'incombe ce travail de remotivation. Toutes les composantes de la fédération doivent contribuer à ce qu'on remette nos joueurs en confiance et à les reconsidérer surtout après les déclarations d'Henri Michel, qui a estimé que nous n'avons pas de joueurs de dimension internationale. Or, c'est tout à fait le contraire. Ils le prouvent chaque week-end dans leurs clubs respectifs. D'un autre côté, il faut donner la chance aux joueurs locaux qui émergent dans le championnat national et les intégrer dans l'équipe du Maroc, ainsi que ceux qui ont disputé les éliminatoires des Jeux Olympiques. Il y a au moins cinq ou six joueurs qui frappent fort à la porte de l'équipe première.

Quels sont les joueurs olympiques que vous voyez capables d'intégrer l'équipe A ?

Il est encore trop tôt pour donner les noms de joueurs. J'attends de commencer mon travail et ensuite je divulguerai la liste. Je dois, d'abord, rencontrer la commission compétente pour élaborer ensemble une feuille de route pour les prochaines échéances.

Avec un championnat moyen pour ne pas dire médiocre, est-ce que vous pensez qu'on est en mesure de bâtir une équipe compétitive sur le plan continental ?

Je tiens à dire et à redire que le niveau de l'équipe nationale est encore très bon. Nous aurions dû capitaliser sur les performances de 2004 en assurant la continuité. Les joueurs actuels, qui forment l'ossature du Onze national, étaient présents lors de la Coupe d'Afrique organisée en Tunisie.
Ils étaient en début de leur carrière mais ils ont gagné maintenant en maturité. Nous avons la chance d'avoir cette troisième génération de Marocains résidant à l'étranger qui évolue en Europe et qui manifeste son désir d'évoluer en équipe nationale.
C'est vrai que nous faisons les opérations de détection, mais ce sont eux qui nous sollicitent par des correspondances pour signaler leur désir de défendre les couleurs du Maroc. Pour le championnat national, je tiens à dire que le niveau n'est pas aussi mauvais qu'on le pense. La preuve, c'est qu'il draine des droits de télé et de plus en plus de sponsors.
Si le niveau était médiocre comme le prétendent certains, personne n'investirait un DH pour acquérir les droits télé de notre championnat. Je pense qu'il faut intéresser les joueurs du championnat national, quitte à ce qu'on fasse une équipe B. C'est d'ailleurs le projet sur lequel nous travaillons. Il sera constitué des meilleurs éléments du championnat et les meilleurs olympiques pour assurer le réservoir de l'équipe A.

Après le retour de l'équipe nationale du Ghana, plusieurs internationaux qui ont évolué au Maroc avant de s'expatrier, ont critiqué les professionnels de troisième génération en disant qu'ils ne mouillaient pas assez le maillot national ?

Il ne faut pas polémiquer là-dessus. L'heure est plutôt au rassemblement. C'est vrai que ce sont des déclarations à chaud, il faut être sage pour apaiser l'atmosphère, surtout après une contre-performance pareille. Avant, le début de la compétition, les joueurs savaient qu'ils avaient le potentiel pour faire une bonne coupe d'Afrique des Nations. Ils étaient au-dessus du comportement du groupe, mais c'est à nous de rassembler. Le travail du coach n'est pas uniquement un travail sur le terrain. Tout le monde peut le faire. Le coach c'est le coaching d'ensemble, de façon à créer la sérénité dans le groupe. Il faut donc qu'il gère bien son staff qui peut faire beaucoup dans les performances du groupe.

En tant que technicien, qu'est-ce qui a manqué à ce groupe au Ghana ?

Il manque surtout d'enthousiasme. Et je dirai bien que c'est la faute de l'entraîneur parce que c'est lui qui doit le créer. On sentait que les joueurs étaient déconcentrés. Je pense que le changement de l'équipe qui a produit un bon match contre la Namibie y est pour quelque chose parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne. C'est une erreur de l'entraîneur.

En tant qu'intérim, ne pensez-vous pas que vous avez les mains liées puisque vous ne pouvez pas élaborer un plan de travail sans être fixé sur votre sort ?

Non, je n'ai pas les mains liées, mais j'attends juste de me réunir avec la commission compétente avant d'entreprendre quoi que ce soit. Le souci maintenant c'est de rassembler parce que le premier match officiel est au mois de mai. En tant que DTN, je dois assurer ce rassemblement, cette remise en confiance des joueurs jusqu'au moment où la fédération trouvera un autre entraîneur. Ça ne me dérange pas du tout de faire ce travail.

Est-ce que votre décision d'intérimaire a été notifiée par écrit ou juste par un coup de téléphone ?

C'est systématique. En tant que DTN, je dois assurer l'intérim là, où il y a une défaillance technique. Je l'ai fait avec les olympiques à la place de Madih et je le fais maintenant avec l'équipe première. Je l'ai également assuré en mars 2004, lors du match Maroc-Suisse où j'ai conduit une équipe composée de joueurs locaux qui avait gagné les Helvètes.

Est-ce que vous avez déjà une idée de la composition de votre staff ?

Je travaillerai avec l'équipe déjà en place parce que les gens qui étaient avec Henri Michel ont des contrats avec la fédération. Il n'y aura donc aucun changement à ce niveau. Le nouveau coach choisira probablement son staff, mais moi, en tant qu'intérimaire, je dois collaborer avec ceux qui sont là.

17:39 Écrit par Maroxellois dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fathi jamal, interview |  Facebook |

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